Après avoir ostensiblement boycotté la France pendant plusieurs mois, le ministre du Commerce chinois a conduit à Paris une importante délégation d'entreprises qui vont signer une quarantaine de contrats et de lettres d'intention, portant sur plus d'un milliard d'euros, entre des entreprises chinoises et françaises. « La France revient sur notre liste des courses », proclamait un quotidien officiel ! Plus de 110 responsables d'entreprises chinoises des secteurs de l'aéronautique (Avic), de l'énergie (CNOOC, China Coal Energy) ou encore des transports devraient ainsi accompagner Chen Deming. Au-delà des grands projets, des achats de matériels et de technologies françaises dans le domaine de la protection de l'environnement, dans le secteur automobile ou de l'agroalimentaire vont également être ratifiés pendant que les responsables de grandes banques des deux pays évoqueront leurs projets de coopération. Seul bémol : 90 groupes français seulement ont répondus présent, malgré le rappel battu par Ubifrance… de quoi vexer les Chinois ?
lundi 30 novembre 2009
DESOLIDARISER LE YAN DU DOLLAR…
Les responsables monétaires de la zone euro exhortent les autorités chinoises à laisser le yuan reprendre sa hausse progressive, tout en précisant ne pas s'attendre à des résultats rapides. Selon eux, il est difficile de justifier la récente dépréciation du yuan face à un panier de devises compte tenu de la forte croissance de l'économie chinoise et du niveau élevé des excédents commerciaux. La devise chinoise a progressé au total de 21% par rapport au dollar dans les trois années qui ont suivi la décision de Pékin de ne plus indexer sa devise sur le billet vert en juillet 2005. En juillet dernier, Pékin a toutefois décidé de lier à nouveau sa monnaie au dollar afin d'aider ses exportateurs. Le président de la Commission européenne a déclaré que le lien entre le yuan et le dollar était problématique pour certains secteurs de l'économie européenne. "Pas parce que nous avons un euro trop fort mais parce que nous avons un dollar faible et cela crée véritablement certains problèmes". Pour le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, le taux de change du yuan est l'un des principaux contentieux entre la Chine et les Européens et des responsables de la zone euro ont qualifié les discussions « d'amicales mais franches », un euphémisme souvent utilisé en cas de désaccord.
mercredi 25 novembre 2009
ACCORDS EN DEHORS DE L'OMC ?
Alors que l'Organisation mondiale du commerce doit tenir sa réunion ministérielle à Genève à partir du 30 novembre avec l'objectif d'aboutir à l'adoption du cycle de Doha sur la libéralisation du commerce (négociations bloquées depuis 2005), différents pays ou groupes de pays commencent à chercher des solutions alternatives. Avec la crise économique, en effet, le commerce international devrait se contracter d'environ 10 % cette année, et les différends et les tentations protectionnistes se multiplient. Un groupe de 22 pays en développement tente de conclure un accord, dit système général de préférences tarifaires (GSTP, General System of Trade Preference), en vue d'abaisser les droits de douane et de développer les échanges entre eux. Les négociations, qui ont commencées en 2004, s'accélèrent à l'approche de la réunion de l'OMC. Parmi les membres de ce groupe figurent notamment le Brésil, l'Argentine, l'Inde, la Corée du Sud et la Thaïlande, le Maroc et l'Algérie, mais aussi la Corée du Nord, l'Iran et le Zimbabwe. En revanche, on n'y trouve ni la Chine ni l'Afrique du Sud. L'accord en négociation prévoit la baisse de 20 % au moins des droits de douane sur 70 % des produits échangés. Le commerce entre les pays en développement reste encore assez peu important, mais ils cherchent à profiter de leurs forts taux de croissance réciproques et à alléger leur dépendance envers les pays riches.
mardi 10 novembre 2009
LA CHINE EN AFRIQUE
Alors que la crise économique a incité nombre de groupes occidentaux à geler leurs projets d'expansion, les entreprises chinoises ont, tout au contraire, profité du ralentissement pour accélérer leurs investissements en Afrique et s'assurer un accès privilégié à des marchés, réputés plus accessibles que ceux des pays développés, et à des ressources naturelles cruciales à l'alimentation des industries du pays. Nombre de pays africains, et notamment ceux dépendant des marchés des matières premières, n'auraient pas connu de croissance en 2009 sans la Chine. Pour renforcer cette « solidarité » qui a permis une explosion continue des flux commerciaux entre la Chine et l'Afrique, le Premier ministre chinois a annoncé de nouvelles annulations de dettes pour les pays « amis », ainsi que des prêts bonifiés aux pays d’Afrique d’un montant de 10 mds USD. Le dirigeant chinois a annoncé que Pékin exempterait de droits de douane 95% des produits "des pays africains les moins développés ayant des relations diplomatiques avec la Chine, en commençant avec 60% des produits dès 2010". Selon les statistiques officielles chinoises, les investissements directs chinois sur le continent africain sont passés de 491 millions de dollars en 2003 à 7,8 milliards fin 2008. Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont quant à eux décuplé depuis le début de la décennie pour atteindre 106,8 mds USD en 2008.
mardi 3 novembre 2009
3 ETI SUR 10 SONT BASEES A L'ETRANGER
Le gouvernement mène un travail de recensement sur les quelque 4.600 entreprises comptant de 250 à 5.000 salariés. Il juge l'insuffisance du nombre d’entreprises de taille intermédiaire (ETI - 250 à 5.000 salariés, CA inférieur à 1,5 milliard d'euros) comme l'une des grandes faiblesses du tissu économique français. 494 ne disposent que d'un établissement, c'est-à-dire n'ont ni holding ni filiale. Ces entreprises à établissement unique, toutefois, n'ont guère d'intérêt en tant que tel : leurs besoins ne sont pas très différents des 1.905 autres ETI ayant plusieurs établissements, mais eux aussi tous basés en France. Pour le reste, 868 entreprises répondant aux critères des ETI ont leur siège en France, mais disposent déjà de filiales à l'étranger. Et 1.360 autres, soit 30 % des ETI, ont leur tête de groupe à l'étranger. Il peut s'agir d'entreprises faisant de l'optimisation fiscale en installant leur holding à l'étranger, mais il peut aussi s'agir de filiales françaises de groupes étrangers. Ipsos mène pour le compte de Bercy, d'ici à la fin de l'année, une enquête pour mieux connaître les ETI et en publier une cartographie. La question de l'insuffisance des ETI ne devrait alors en être que plus forte.
lundi 2 novembre 2009
FORMER LES SALARIES AUX DANGERS DE L'ETRANGER
Isolation, insécurité, maladies, séparation, addictions… pour préparer les salariés aux risques et aux contraintes de l'expatriation, ceux-ci bénéficient généralement d'une formation aux réalités locales. L'expatriation n'est pas forcément un long fleuve tranquille. Pour préparer les salariés avant le départ, ceux-ci bénéficient en général d'une formation interculturelle pour les avertir des réalités locales du pays d'accueil. Outre les aspects logistiques, matériels ou culturels, quantité de cas concrets sont passés en revue : les risques d'accidents de la route, d'extorsion, d'insécurité personnelle, de kidnapping ou de terrorisme, mais aussi les couples insuffisamment solides qui explosent en cours d'expatriation parce que le conjoint a suivi à contrecœur ou qu'il s'ennuie… Le risque médical ne doit en aucun cas être négligé. Le sida, les maladies sexuellement transmissibles, les hépatites, mais aussi la syphilis - qui n'a pas disparu - sont des réalités d'aujourd'hui. Autre danger : les addictions. La charge de travail, l'isolement, la rupture culturelle peuvent favoriser l'alcoolisme ou la prise de drogue. Or, si le détenteur d'un gramme de cocaïne peut être qualifié de consommateur « occasionnel » en France, il risque la prison ferme dans certains pays, voire la peine de mort à Singapour. Une entreprise qui sait que le salarié peut passer par des périodes de stress doit prévoir un système de compagnonnage. Cela passe par des structures d'écoute, des médecins, le service des ressources humaines, les pairs au siège et les expatriés déjà en place. Il faut tout envisager : l'espionnage industriel - fréquent en Asie -, des risques de représailles personnelles ou de menaces sur la famille en cas de licenciement de personnel en Inde ou en Afrique de l'Ouest ; ou encore l'éthique des affaires compromise par des bakchichs, inévitables mais qui peuvent entraîner la mise en cause pénale de l'expatrié.
