mercredi 28 octobre 2009

EXPORT ET INDUSTRIE

L’industrie emploie en France 3,4 millions de salariés, et 10 millions si on intègre les services à l’industrie. En tête : l’automobile (20,43%), puis la chimie/pharmacie/énergie (17,36%), la mécanique/sidérurgie (14,54%), l’agroalimentaire (13,44%), les TIC (11,62%), l’aéronautique/armement/naval (9,85%), les bois/papiers/matériaux (8,62%), et enfin les textiles et services (4,14%). Mais le déclin est réel et constant : les emplois industriels ont chutés de 15% entre 2000 et 2007, et la part des produits français dans les exportations européennes a reculé de 25% en dix ans ! Les états généraux de l’industrie auront donc une mission stratégique pour notre pays : « définir une nouvelle politique industrielle ». Quand on sait que 85% de nos exportations et 77% des investissements en R&D proviennent de l’industrie, il est effectivement urgent de réagir… s’il est encore temps !

lundi 19 octobre 2009

FRANCE : MANQUE DE COMPETITIVITE

Alors que la demande mondiale commence tout juste à montrer des signes de frémissement, l'appréciation de l'euro par rapport au dollar va compliquer la tâche des exportateurs français. « Les niveaux de change actuels commencent à être problématiques, indique la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur. Christine Lagarde l'a rappelé au G7 à Istanbul : nous avons besoin d'un dollar fort ». Au premier coup d'œil, la France peut apparaître immunisée face à ces fluctuations monétaires : la zone euro représente la moitié de ses exportations et autant de ses importations. Au global, l'Union européenne compte pour environ 60 % de ses échanges. Inversement, ses exportations vers les Etats-Unis restent très limitées (6 % du total). L'Asie totalise, elle, 10 % des exportations et la Chine 2 %. En réalité, cette présence sur le Vieux Continent est loin de mettre les exportateurs français à l'abri. La dépréciation du dollar va permettre aux concurrents - américains et chinois en tête - d'être plus compétitifs chez les partenaires traditionnels de la France (Allemagne, Italie, Espagne en tête). Et puis l'Allemagne est protégée par sa spécialisation : au-delà du degré d'ouverture du pays, la sensibilité aux changes est liée à la nature des biens exportés. « La France est beaucoup plus sensible aux variations de prix relatifs que l'Allemagne, dont les biens d'équipement jouissent d'une image irréprochable ». Qui plus est, notre voisin a fortement comprimé ses coûts salariaux unitaires pour améliorer sa compétitivité. Résultat : l'Allemagne a réussi à conserver sa part de marché à l'exportation depuis l'introduction de l'euro, tandis que celle de la France a nettement baissé…

ACCORD COMMERCIAL UE / COREE DU SUD

L'Union européenne a signé avec la Corée du Sud son plus important accord commercial bilatéral jamais négocié, au terme de plus de deux ans de discussions. Cet accord préliminaire (signature définitive début 2010) de libre-échange offrira des débouchés commerciaux supplémentaires tant pour l'UE que pour la Corée du Sud. Il« pourrait générer pour 19 milliards d'euros de nouveaux échanges pour les exportateurs européens », a souligné la Commission. Il doit permettre la suppression de droits de douane frappant les exportations de l'UE vers la Corée du Sud, à hauteur de 1,6 milliard d'euros. Les secteurs des télécommunications, des services environnementaux, juridiques, financiers ou du transport maritime, que Séoul s'est engagé à largement libéraliser devraient être les principaux bénéficiaires. La négociation de cet accord avait suscité de vives inquiétudes de certains Etats de l'UE, comme l'Italie, et de l'industrie automobile européenne, craignant essentiellement qu'il ne donne un avantage déloyal aux entreprises sud-coréennes dans le secteur automobile. Pour l'industrie automobile européenne, cela risque d'entraîner une déferlante de voitures fabriquées en Corée du Sud avec des pièces chinoises. La Commission européenne a négocié un compromis sur ce point : les européens bénéficient d'un mécanisme spécial de sauvegarde.

lundi 12 octobre 2009

COMMERCE FRANCO-TURC

Nicolas Sarkozy répète que la Turquie ne peut pas entrer dans l'Union « puisqu'elle est en Asie », ce qui est vrai à 95 % sur le plan géographique, mais plus discuté si on prend en compte l'Histoire et les institutions. Quoiqu’il en soit, la Turquie représente pour les Européens un débouché plus important que la Chine et a acheté en 2008 pour 5,7 milliards d'euros, surtout en automobiles et biens d'équipement, aux entreprises françaises (c'est le cinquième client de la France hors UE). En outre, sur le plan géostratégique, ce membre de l'Otan, qui a la caractéristique d'être la seule démocratie laïque du monde musulman, est un médiateur précieux entre pays occidentaux et du Proche-Orient, ou entre Israël et la Syrie. Un marché incontestablement plein d’intérêt pour les entreprises françaises, d’autant qu’il est relativement proche géographiquement et culturellement.

FRANCE : LA REPRISE DANS LES PAYS EMERGENTS

Après le rebond de juillet, les exportations ont retrouvé leur niveau des six premiers mois de l'année (- 19 % sur un an). Selon l'assureur-crédit Euler Hermes, « la reprise française en 2010 sera largement dépendante de la dynamique du commerce mondial et de la capacité à en tirer profit ». Et ce d'autant plus que la consommation des ménages marque le pas. Si les exportations sont « l'enjeu central de la reprise », elles sont confrontées à des difficultés qui ne datent pas de la crise. Pas assez nombreux, les exportateurs sont également trop concentrés vers l'Europe. Les deux tiers des exportations sont tournées vers les pays de l'Union européenne. Or « cette zone sera la dernière à renouer avec la croissance ». Pour tirer leur épingle du jeu, les exportateurs français doivent donc se diriger vers des pays émergents comme la Chine ou l'Inde, où « les effets négatifs de la crise sont déjà annulés » et où Euler Hermes anticipe une croissance de 8,5 % et de 7 % respectivement en 2010. C'est pour l'instant peu le cas : l'Asie ne compte que pour 10 % des exportations françaises. En Chine, les exportations françaises sont à peu près stables depuis trois ans et n'ont représenté que 704 millions d'euros en août dernier. Les exportations vers l'Inde sont très faibles (189 millions d'euros en août). Pour encourager les exportations, Bruxelles vient d'autoriser la France à mettre en place Cap Export, un nouveau dispositif de garantie publique d'assurance-crédit pour protéger les fournisseurs de défauts de paiement de leurs clients à l'export. Il tombe à point nommé pour aller attaquer les marchés - juteux mais non sans risques - des pays émergents.



mercredi 7 octobre 2009

UN PÔLE « QUALITE DE L’EAU » EN LORRAINE ?

La Lorraine et l'Alsace ont décidé de déposer de concert leur candidature pour développer un pôle de compétitivité sur la « maîtrise de la qualité des eaux continentales, santé des populations et des écosystèmes ». Ce projet vient d'aboutir à la création, à Epinal (Vosges), d'une association ad hoc, porteuse du dossier. La démarche a été initiée par le département des Vosges, s'appuyant ­notamment sur la présence du centre mondial de recherche implanté par le groupe Nestlé Waterssur son site d'embouteillage de Vittel et Contrexéville. « Nous avons mobilisé nos équipes et fait appel à des cabinets-conseils pour peaufiner ce dossier et, rapidement, il est apparu nécessaire de nous associer avec l'Alsace pour atteindre la taille critique donnant davantage de crédibilité au projet ». Les deux régions ne manquent pas d'atouts. Tout d'abord en raison du potentiel industriel résultant de la présence de grands groupes (Veolia, Suez Environnement, SAUR, Saint-Gobain PAM, Nestlé Waters) et de PME qui opèrent dans le domaine de l'eau au sens le plus large et représentant près de 30.000 emplois. Ensuite, grâce aux 2.500 chercheurs publics (universités de Strasbourg, de Haute-Alsace, de Nancy, Inra, Inserm ou CNRS) et privés (Nestlé Waters, IRH Environnement), qui travaillent sur les thèmes de la sécurisation des ressources, le traitement des rejets ou la restauration et la valorisation écologiques des milieux. D'ores et déjà, les promoteurs de ce projet Grand Est évoquent un prochain partenariat avec la région Languedoc-Roussillon, candidate elle aussi au label « pôle de compétitivité » sur un thème voisin. Ça, c’est bon pour l’export !

REEQUILIBRAGE DES ECHANGES INTERNATIONAUX…

Selon le FMI, L'Europe et les Etats-Unis ne profiteront guère de la forte croissance économique des pays d'Asie par l'intermédiaire de leurs exportations. En particulier, la Chine devrait continuer d'inonder le monde des produits « made in China ». Dans ses projections, le FMI chiffre le surplus en 2009 de la balance courante chinoise à 7,8 % de son produit intérieur brut (PIB) après 11 % en 2007. Mais dès 2010, l'excédent repart à la hausse et représentera 8,6 % de son PIB. Alors que la reprise devrait s'accompagner d'un rebond des prix du pétrole, les surplus des pays producteurs sont, eux aussi, attendus à la hausse. « Par ailleurs, le retournement du cycle manufacturier au niveau mondial devrait conduire à une hausse des excédents de l'Allemagne et, dans une moindre mesure, du Japon », souligne le Fonds. Pourtant, aux Etats-Unis, le déficit de la balance courante est appelé à se réduire nettement. Il passerait de - 5,2 % du PIB en 2007 à - 2,2 % l'an prochain. Si l'on observe par grande zone, c'est l'Afrique, l'Amérique latine et la zone euro qui devraient faire les frais de ce rééquilibrage, ces trois régions affichant un accroissement de leur déficit. Pas bon pour nos exportations !