lundi 19 octobre 2009

FRANCE : MANQUE DE COMPETITIVITE

Alors que la demande mondiale commence tout juste à montrer des signes de frémissement, l'appréciation de l'euro par rapport au dollar va compliquer la tâche des exportateurs français. « Les niveaux de change actuels commencent à être problématiques, indique la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur. Christine Lagarde l'a rappelé au G7 à Istanbul : nous avons besoin d'un dollar fort ». Au premier coup d'œil, la France peut apparaître immunisée face à ces fluctuations monétaires : la zone euro représente la moitié de ses exportations et autant de ses importations. Au global, l'Union européenne compte pour environ 60 % de ses échanges. Inversement, ses exportations vers les Etats-Unis restent très limitées (6 % du total). L'Asie totalise, elle, 10 % des exportations et la Chine 2 %. En réalité, cette présence sur le Vieux Continent est loin de mettre les exportateurs français à l'abri. La dépréciation du dollar va permettre aux concurrents - américains et chinois en tête - d'être plus compétitifs chez les partenaires traditionnels de la France (Allemagne, Italie, Espagne en tête). Et puis l'Allemagne est protégée par sa spécialisation : au-delà du degré d'ouverture du pays, la sensibilité aux changes est liée à la nature des biens exportés. « La France est beaucoup plus sensible aux variations de prix relatifs que l'Allemagne, dont les biens d'équipement jouissent d'une image irréprochable ». Qui plus est, notre voisin a fortement comprimé ses coûts salariaux unitaires pour améliorer sa compétitivité. Résultat : l'Allemagne a réussi à conserver sa part de marché à l'exportation depuis l'introduction de l'euro, tandis que celle de la France a nettement baissé…

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