mercredi 6 janvier 2010

LES ETATS GENERAUX DE L'INDUSTRIE

Un rapport intermédiaire constate le décrochage de l'industrie française. Les exemples abondent pour confirmer la noirceur du diagnostic - surtout lorsque la France est comparée à l'Allemagne ou à la zone euro : destructions massives d'emplois (seul le secteur pharmaceutique en a créé entre 2000 et 2008), progression plus lente de la valeur ajoutée (+4,3 % entre 2000 et 2008, contre +16,5 % en Allemagne), recul des taux de marge, pertes de parts de marché à l'export (les ventes françaises de biens manufacturés ne représentent plus que 37 % des exportations allemandes, contre 56 % en 2000), etc. Sur les causes de ce décrochage, le rapport liste, parmi une multitude de facteurs « pénalisants », un « prélèvement public sur les entreprises » souvent plus lourd qu'ailleurs, des difficultés spécifiques de financement, une formation inadaptée couplée à une image « dégradée » de l'industrie, une « culture de la créativité insuffisamment développée », une croissance des entreprises « trop peu encouragée », des relations avec le monde de la recherche « insuffisamment structurées »… « La réponse de l'industrie doit se faire en combinant toujours davantage l'innovation, la production et les services », suggère le rapport, qui cadre les enjeux sans toutefois encore donner les outils, fiscaux ou réglementaires. Le rapport préconise d'identifier les filières les plus porteuses pour « asseoir au besoin une spécialisation industrielle plus performante » et de « structurer une démarche de montée en gamme ». Il préconise de stabiliser l'environnement réglementaire des entreprises, de raccourcir les délais entre la R&D et l'industrialisation, de renforcer la présence française en matière de fixation des standards et des normes ou, de manière prudente, d'« inscrire les évolutions du coût du travail en France dans une perspective de compétitivité ».

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire